REVIEW

 

 

Sortie au Japon : 26/05/2005

Namco X Capcom

     Voilà, c’est fait ! J’ai enfin terminé NamcoXCapcom.

     Il aura fallut pas moins de 80heures pour enchaîner les 45 stages du jeu. Ce qui représente une bonne centaine d’heures au total, puisque le « Game Over » est apparu plusieurs fois sur mon écran, à mon plus grand désespoir…

     Mon opinion était déjà construite au bout des 25 premières heures de jeu. Mais par principes, par respect pour Taki et parce que j’ai conservé une once d’espoir jusqu’au bout, j’ai continué le combat jusqu’à la victoire totale !!

 

Le scénario

     Comme pour la plupart des jeux du genre, le scénario est fantastique à ses débuts, héroïque dans son grand final, mais totalement plat le reste du temps (ce qui représente les trois quarts de sa durée de vie).

     La première partie du synopsis est de loin ma préférée : la découverte des personnages. Heureusement pour moi, la quantité et la qualité des licences regroupées dans ce titre, est absolument jouissive ! Stage par stage, votre équipe de combattants va s’agrandir et vous aurez hâte d’être en mesure de vous constituer votre propre équipe de choc (votre Best-Of Fighters !!).

     Au départ, la plupart des personnages sont présentés dans leurs décors habituels, où déjà, les déséquilibres spatio-temporels créent quelques interférences dans leur quête initiale. Par la suite, ils se retrouvent eux aussi pris dans la tempête extraordinaire, qui les amènent à rencontrer d’autres héros, et d’autres ennemis redoutables. C’est sur ce point que repose toute la magie du scénario : le mélange des quêtes et des personnages. Nos héros vont devoir s’unir contre l’alliance des « gros méchants pas beaux » pour sauver leurs univers.

Les personnages

     Les éditeurs ont apporté un soin tout particulier à respecter le caractère original de chaque personnage : Taki et Mitsurugi vivent une relation basée sur le défi permanent (un vrai régal !!), Bruce, le grand séducteur de Dino Crisis, est un parfait gentleman avec ces dames, Morrigan, Felicia, Dimitri et les autres sont de véritables Darkstalkers, Kos-Mos est toujours aussi impassible malgré qu’elle laisse parfois apparaître son humanité et ses magnifiques yeux bleues, Sylvie ne perd jamais une occasion de faire des bénéfices, etc. Les attaques, les costumes, les expressions et les voix sont également leurs attributs d’origines (du moins pour ceux qui avaient une voix attitrée).

La fin

     Si j’ai tenu 100 heures de jeu, c’est parce que je caressais l’infime espoir qu’une vidéo aussi belle que l’opening, pourrait justifier cet acharnement. C’était un rêve trop beau… La fin n’est qu’un immense soulagement et à coup sûr, une déception par son manque d’originalité… La fin est belle et heureuse, mais au bout du compte, elle n’en valait pas la peine.

 

La réalisation

Les graphismes

     J’accroche totalement l’esthétique du jeu. Le graphisme est très plaisant, avec un trait gros et des couleurs vives. Chaque personnage est reconnaissable et fidèle, à la fois à son design original et celui défini pour ce jeu.

     Les phases de dialogues en images fixes doivent paraître bien fades (trop rétros peut-être) aux adeptes des cinématiques 3D. Pour ma part, je n’ai absolument rien contre ce style, puisque j’y suis habitué et apprécie le genre. Les illustrations des personnages vont donc défiler devant vous, comme un diaporama des diverses expressions et mimiques de vos héros. Ces illustrations sont bien vivantes et très réussies. On regrette qu’il n’y en ait pas plus…  

     Le graphisme 2D des combats est joli et l’animation est acceptable. Il aurait pu être beaucoup plus affiné selon moi (on est sur PS2 tout de même !!!). Les petits personnages SD sont très mignons mais tous ne sont pas aussi bien réussis qu’ils auraient pu l’être…

     C’est le rendu des phases stratégiques en fausse 3D qui est le plus décevant. Il ne choque pas pour autant, puisqu’il s’inscrit au caractère rétro du jeu. Mais il fait indéniablement honte aux capacités de la console de Sony !

     La plus grande performance graphique du jeu est son introduction sublime. A chaque fois que j’ai lancé le jeu, pas une seule fois je n’ai sauté l’animation d’ouverture !

Le son

     Très simplement, les effets sonores sont à la hauteur du jeu. Ils ne dénotent en rien de ce qu’on pouvait en attendre. Le dynamisme est bon même s’il est répétitif, à l’image du jeu…

     Pour les voix et les dialogues, là encore, le jeu ne déroge pas à une règle du genre qui veut que les dialogues enregistrés ne sont pas de toute la partie ! En dehors des combats (provocations et pose de victoire comprises), vous n’aurez droit à la performance des acteurs que dans les premières heures du jeu (pour soigner l’entrée en scène des personnages), dans quelques scènes clefs du scénario et pour le final. Le reste du temps, il vous faudra lire les bulles que vous ferez défiler à votre guise avec « Rond ». Ceux qui ne comprennent pas le japonais et ne connaissent rien du background des héros pourront sauter les temps de dialogue en appuyant sur « start » et perdront toute la quintessence du jeu par la même occasion.

     Toutes les musiques sont les thèmes originaux, mais habilement réorchestrés pour l’occasion (je ne pense pas que les joueurs actuels se sentent encore l’âme d’écouter du midi sur console 128bits… Les anciens sauront de quoi je parle !) Les pistes tournent continuellement puisqu’elles sont associées aux personnages. Il existe un thème pour chaque jeu et non un thème pour chaque personnage. Tout est une affaire de goûts, mais il est des musiques plus appréciées que d’autres : vous serez fatigués d’entendre certains thèmes.

     On ne peut pas être insensible à la superbe chanson de l’opening et c’est avec autant de plaisir que l’on écoute celle du générique de fin.

     La version collector du jeu comprenait un CD des thèmes originaux des jeux originaux (en midi donc !!), ainsi que l’opening de NXC. L’OST officiel est un double CD qui compte l’intégralité des musiques (format du jeu cette fois), l’opening, l’ending, la version longue de l’opening, et enfin les versions karaoké (celle utilisée par le trailer du jeu, souvenez-vous !!). Je recommande grandement l’achat de ce double CD aux fans !

 

Le jeu

La victoire et la défaite

     Avant chaque level, des conditions de victoires vous sont soumises. Ces conditions peuvent évoluer au cours du stage en fonction du scénario. Malheureusement pour ceux qui ne lisent pas le japonais, ce n’est qu’avec l’expérience du Gamer que vous parviendrez à éviter les pièges du Game Over. Le plus souvent, vous vaincrez en éliminant tous les monstres du level. Il ne m’est jamais arrivé de voir tous mes héros être vaincus (je n’ai jamais sacrifié plus de deux héros par level…). Parfois, il vous faudra atteindre un objectif avant qu’un certains nombre de tours se soit écoulé (rejoindre Soul Edge, vaincre un ennemi…). Le plus difficile sera d’empêcher la mort d’un de vos héros, qui devient la cible préférée de tous les monstres engagés. C’est pourquoi il est indispensable de repérer comment le nom de tous vos héros s’écrit en japonais : pour repérer qui sera la victime de ce level s’il y a. Tous mes Game Over sont du fait que je n’apportais pas toujours attention aux conditions de victoire, ou de défaite… 

Le système

     A la fois simple et complet. Tout est basé sur l’évolution des capacités de vos héros. Lorsque vous affligez des dommages à un ennemi, vous gagnez des points d’expérience, qui vous permettent de passer des niveaux. A chaque niveau passé, vos compétences progressent : plus de vie, plus de magie, plus de dégâts, plus de résistance, de nouvelles attaques…

Les combats

     Ils se déroulent au tour par tour. Lorsque c’est votre tour, vous avancez et attaquez l’ennemi avec un enchainement de combos. Votre seule option est un multiple assaut (MA), si vous réunissez les conditions particulières à son déclenchement. Ces phases d’attaques deviennent vite répétitives…

     Lorsque c’est au tour du CPU de jouer, il avance et vous enchaine une suite de combos…  Vous pouvez choisir la façon dont vous encaissez les coups, ou les évitez. Ces phases de défenses sont encore plus répétitives, voir même exaspérantes !!

     Les combos et la défense se jouent à l’aide des flèches et de la touche rond uniquement. Pour réussir votre défense, vous devrez appuyer sur la flèche indiquée dans un laps de temps très court, comme les anciens jeux de réflexes, ou encore à la manière de Shenmue sur Dreamcast. Pour attaquer, votre command-list est le même pour tous les personnages, à savoir : rond, haut+rond, bas+rond, droite+rond et gauche+rond. C’est très, très limité…

Les skills et les items

     Chaque personnage possède des capacités propres à son background. Tous les personnages ne sont pas capables de soigner, mais d’autres peuvent soigner n’importe quel personnage du plateau. Quelques héros possèdent également quelques magies pour augmenter leurs compétences, ou utiliser des pouvoirs comme l’invisibilité… Vous devrez prendre ses données en compte au moment de construire vos équipes.

     Pour les plus gros boulets du groupe, vous ramasserez au cours des parties, des items qui leur permettront au moins de se guérir pour survivre quelques tours supplémentaires… 

Intelligence artificielle

     Les ennemis ne sont pas diplômés des plus grandes écoles de méchants… On se rend compte clairement qu’ils utilisent très mal leurs capacités. Ils pourraient être bien plus redoutables s’ils utilisaient l’ensemble de leur command-list ! Ils n’ont aucune stratégie et il est très facile de les manipuler pour arriver à nos fins.

La durée de vie

     C’est là que se situe le plus gros problème du jeu à mon humble avis… Les parties sont beaucoup trop longues !!! C’est particulièrement gênant pour un jeu répétitif ! La quantité de personnages engagés (amis et ennemis) devient telle, à partir de la moitié du jeu, que les levels deviennent interminables. Quand vous aurez dépassé les 25 premiers stages, il vous faudra en moyenne bien deux heures pour achever un seul et unique level. La plupart d’entre-vous auront renoncé quand il vous prendra déjà plus d’une heure pour passer au stage supérieur…  Chaque fois que vous penserez arriver au bout, une nouvelle vague d’ennemis apparaîtra de nulle part pour vous affaiblir un peu plus ! Cette démesure atteint son paroxysme dans les deux derniers stages : 3h30 pour achever le seul stage44, et 5h20 se seront écoulées entre le moment où vous aurez chargé votre ultime partie et celui où vous éteindrez la console à la fin du générique !!! CINQ HEURES !!!!!!!!!!!!! Mais à quoi pensaient les développeurs lorsqu’ils ont programmé un truc pareil ?!!!! Qui peut rester 5 heures d’affilées devant NamcoXCapcom, après avoir épuisé déjà 100heures de jeu !!!????? Vous pouvez penser que je suis un joueur particulièrement nul, avec des personnages sous-développés et que je prends 5 dictionnaires de japonais pour déchiffrer chaque dialogue avant d’avancer… Il n’en est rien !

Les stratégies

     Je suis absolument élitiste ! Depuis que j’ai joué aux Sakura Wars, qui demandent impérativement au joueur de propulser sa demoiselle préférée tout en haut du classement pour obtenir le ending escompté, j’applique cette philosophie à absolument tous les jeux dans lesquels je m’investie. Alors qu’en déduisez-vous ? Il ne m’a pas fallut très longtemps pour que Taki, Kos-Mos, Walkyrie, Chun-Li, Morrigan et Sylvie deviennent le fer de lance de mon armée.

     Comment parvenir à ce résultat ? Il faut vous assurer que vos personnages préférés gagneront plus de points que les autres ! C'est-à-dire, qu’ils devront combattre plus que les autres, les monstres les plus puissants et autant que possible, achever eux-mêmes les méchants moribonds (pour la prime !!). Inévitablement, le reste de l’équipe risque d’en pâtir et vous devrez limiter les dégâts pour ne pas vous retrouver avec une armée de boulets à la traîne derrière Taki ! Parce qu’en dehors de quelques stages (les boss), vous ne choisissez pas votre équipe !! Vous serez toujours contraints de faire jouer tout le monde (que ça vous plaise ou non, ils ont leur tour de jeu….). La pire des situations se concrétise lorsque votre victime est un boulet !! Son incapacité à se défendre et à encaisser les coups vous laisseront pensif lorsqu’il succombera aux attaques et vous obligera à recommencer la partie, après une heure et demie de jeu…

     Notez que vous conserverez les points d’expérience gagnés, lorsque vous recommencerez une partie suite à un Game Over. Ce sera votre seule consolation…

     Pensez que plus un personnage est attaqué, plus il avancera dans les tours de jeu : pour attaquer le plus possible, il faut s’en prendre le plus possible !  Les actions de défense, comme le contre, ou la substitution, vous font perdre des tours de jeu : plus vous fuirez le combat, moins vous jouerez !!

     La meilleure stratégie pour arriver au bout du stage le plus rapidement possible, est de liquider les ennemis pour supprimer leur tour de jeu : acharnez vous sur eux et concentrez vos attaques de manière à les empêcher de jouer. Il faut les tuer avant qu’ils ne jouent, pour économiser votre vie et votre temps !!

     Vous ne pourrez pas laisser les boulets à l’écart, ou vos parties dureront bien plus que deux heures !!

     Vous pouvez diviser vos forces pour atteindre plusieurs zones à la fois (toujours dans le but de gagner du temps), mais n’isolez jamais un personnage seul, et constituez des groupes équilibrés, où les faibles assistent les plus forts.

 

Pour Conclure…

     J’étais très enthousiaste à l’annonce du jeu et plus encore à la divulgation du trailer. Rares sont les titres qui m’excitent autant les derniers jours avant leur sortie ! NamcoXCapcom me promettait une Taki comme je ne l’avais jamais vu et c’était suffisant pour monopoliser toute mon attention pendant cette attente.

     Les premières heures de jeu sont très divertissantes et agréables. Mais l’agréable est très vite remplacé par l’ennui et peut même laisser place à une profonde exaspération. Il faut être un pur gamer, ou un vrai cinglé, pour arriver au bout du scénario !!

     Le titre est donc réservé exclusivement à quelques joueurs passionnés et peu occupés. Un must pour sa collection en tout cas, même si vous n’y jouerez pas plus de 7 ou 8 heures… Payer une vidéo au prix d’un jeu peut paraître excessif, mais l’opening vaut vraiment le détour !!   

 

 

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