Taki Best Fighter

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Taki, ou l'histoire d'une combattante.

 

     Pour plaire aux joueurs, la fille du jeu de combat ne peut compter que sur son apparence physique. Peu de joueurs s’intéresseront au background de la combattante et avant même de tester son style de combat, ils choisiront toujours celle qui semble être la plus belle dans l’écran de sélection ! Il n’existe pas le même rapport affectif entre le personnage d’un jeu de combat et le joueur, par rapport au lien qui unit ce dernier au personnage d’un jeu de rôle ou d’aventures. Dans un jeu de rôle, si le coup de foudre n’est pas immédiat, suivre les péripéties du personnage vous feront tomber sous son charme tôt ou tard. Il n’en est rien dans un jeu de combat, dont le personnage n’aura bien souvent pas droit à une seconde chance pour conquérir le cœur du joueur. Il est donc évident que le succès de nos demoiselles dépendra avant tout de son pouvoir de séduction sur le joueur et par la même occasion, du goût de chacun !

      Ce dossier tente de situer Taki dans une catégorie de femmes à qui elle a beaucoup apporté : celle des combattantes de jeux vidéo. Héritière des anciennes traditions, elle a apporté le renouveau dans le jeu de combat et ouvert une nouvelle voie aux femmes guerrières. La liste des rivales qui pourraient être opposées à celle qui a vaincu la Soul Edge est longue ! C'est pourquoi, ce qui va suivre n’est qu’un survol sélectif de l’histoire du jeu vidéo : uniquement les titres les plus courants, ceux qui ont bercé notre enfance dans notre salon et celui de nos camarades de classe. Des jeux formidables comme Last Blade, Voltage Fighter et d'autres encore, des consoles exceptionnelles comme la NeoGeo et bon nombre de bornes d’arcade oubliées, n’ont marqué l’esprit que de rares connaisseurs fortunés et n’évoqueront rien à la majorité des « gamers grand public français » de ma génération...

 

 

Taki : héritière de l’ancienne génération

     Chun Li est la 1ère combattante de jeux vidéo pour tous les amateurs du genre. C’était dans Street Fighter II, en 1992, à l’époque des consoles 16Bits Mega Drive et Super Nintendo. Capcom pouvait être fier de sa petite protégée qui conquit le cœur de bien des joueurs. La petite chinoise était déjà très mignonne pour l’époque, dans sa petite tenue bleue qui laissait paraître sa petite culotte (bleue aussi !!) lors de certains mouvements... La résolution et les gros pixels de ces temps anciens demandaient un gros travail d'imagination pour affiner les détails morphologiques. Mais c'était bien suffisant pour montrer au monde entier que les belles femmes sexy savent elles aussi se battrent dans les jeux vidéo ! Chun Li reste une référence pour tous les personnages féminins de jeu de baston. Elle posait les bases pour les générations suivantes, dont les capacités, les formes et les détails sexy, s’accentueraient avec la puissance des consoles.

     Une autre référence dans le milieu, mais qui n'a pu pénétrer dans nos salons que très tardivement, c'est Mai Shiranui de King of Fighters (SNK, en 1994). On est toujours en 2D mais en pixels plus fins, ce qui permet aux formes féminines de s’accentuer et de se dévoiler de plus en plus ! Mai est l'ultime évolution de la combattante 2D, et ce que personne n'a oublié, c'est l'animation des seins de la demoiselle…

Cette remarque ne choque plus personne aujourd'hui. A l'heure actuelle, certains titres parviennent à bâtir leur succès sur ce genre d'accessoires visuels et il n'est pas rare de lire des notes à ce sujet sur les différents tests de jeux.

Matez plutôt vous même !! Quand je dis que " y'a du mouvement au balcon ", les mots sont faibles !!

 

     Comme le montrent ces deux icônes du jeu vidéo, la femme du jeu de combat devait avant tout, être Femme. "Femme jusqu'au bout des seins", si je puis dire ! Taille fine, poitrine opulente, jambes longues, tenue sexy, avec un brin de fantaisie qui la rend si charmante par rapport aux brutes du sexe opposé. Son style de combat devait lui aussi contraster, en étant plus souple, plus rapide, plus vif mais moins puissant que celui des hommes.

     Vous auriez tord de croire que toutes les filles de la 2D sont plus vieilles que Taki ! Certaines sont même plus jeunes ! Parce que la 2D ne s’est pas arrêté à l’arrivée de la 3D, loin de là ! Mais juste avant de se laisser concurrencer par la troisième dimension, la 2D a su développer un autre concept à la gloire du sexe faible : la diversité féminine !!  Et c'est ainsi que les blondes, les gamines, les garçons manqués, les succubes et bien d'autres styles, ont pu satisfaire les nombreux fantasmes de plus en plus de joueurs. Morrigan ou Felicia de Darkstalker (Vampire Savior), Charlotte et Nakoruru de Samourai Spirits, Millia Rage de Guilty Gear et quelques autres légendes du jeu vidéo ont laissé un souvenir bien plus impérissable que Sonya et Kitana de Mortal Kombat ou les personnages de Shaq Fu (Méga Drive) dont les personnages restent insignifiants...

     Des diplômées de l'université de combats pour filles - Option 2D, la plus proche de Taki est sans doute Ibuki de Street Fighter III (Capcom). Elle ne rencontrera pas un franc succès, probablement du fait de son côté "trop garçon manqué", son costume "sac à patates", sa chevelure dégarnie et surtout parce que Taki régnait déjà en reine parmi les "kunoichi" lorsqu'elle sortait de l'école ! Le jeu 2D que je rapprocherais le plus de Soul Edge, serait l'excellent Last Blade, édité par SNK à la même époque que le jeu de Namco et dont les personnages ont été particulièrement soignés.

 

 

Taki : naissance d’une nouvelle génération

     Taki n’a pas été la première combattante de la 3D. Heureusement !! Parce que la 3D qui a débarqué dans nos salons avec nos premières consoles 32bits (Saturne et Playstation) était absolument immonde !! La 3D était encore hésitante et les pixels ont laissé place aux polygones. A cette époque, le côté révolutionnaire de la technologie gommait amplement les défauts visuels. Mais le bon technologique des seconds de série les rend bien moins insoutenables à regarder que leurs prédécesseurs. De 1995 à 1996 Tekken 2, Battle Arena Toshinden 2 (puis 3) et Virtua Fighter 2 ont très vite remplacé leur initiateur de 1994.

     Curieusement, avec la profondeur des nouveaux jeux, les blondes vont prendre leur revanche sur les brunes de la 2D. Bien souvent, des premières combattantes de la 3D, on ne retient que les blondes : Nina de Tekken, Sofia de Toshinden, Sarah de Virtua Fighter. Imposées comme l’idéal féminin de l’époque, me voilà forcé d’admettre qu’elles étaient absolument affreuses, mais mieux que les autres ! Le plus grand manquement de ses filles est encore leur manque d’originalité les unes par rapport aux autres : le jeu et le système est différent, mais à peu de choses près, la fille reste la même ! La 3D, en voulant se rapprocher de la réalité (chose qu’on ne peut pas lui reprocher), a perdu le côté manga de la 2D : c’est tout une partie de l’imaginaire des premiers jeux de combats qui s’est ainsi dissipé dans la profondeur.

     La révolution arrive véritablement en 95-96 avec les sequels des premiers opus. La 3D s’est affiné et les rondeurs… s’arrondissent ! Les textures sont elles aussi mieux travaillées. La nouvelle Nina de Tekken 2 devient enfin sexy, particulièrement dans son petit ensemble moulant violet et son foulard jaune à la ceinture. Malheureusement pour Sofia, les fans de la série s’accordent à dire que les Toshinden ont perdu leur saveur d’un numéro à l’autre… Quant aux Virtua Fighter, puisque j’ai toujours été hermétique à ce titre sans goût, j’éviterai poliment de le descendre par une critique cinglante. Bien que les adeptes de la série des Tobal vous diront le contraire, tout ceci nous laisse le titre de Namco, comme référence reconnue du jeu de combats par excellence de l’époque. Jusqu’à ce que le « tueur de Tekken 2 » arrive enfin !

     Et nous y voilà, au grand et puissant Soul Blade, beau à pleurer, polygones lissés, les paysages animés, les musiques sublimes, les persos divins… et qui nous apporte celle pour qui ce dossier existe !!! Bien que le jeu propose lui aussi une blonde de service, celle que les joueurs ont instinctivement choisi, est une belle japonaise, tout ce qui a de plus respectueux de la tradition et de la culture japonaise : fine, cheveux noires, les yeux bridés… Et ne croyez pas que son Command-List « facile » est l’unique raison de son succès ! Attention, vous insulteriez ma Taki là !!

     Le premier détail qui nous interpelle chez Taki, dans la cinématique d’introduction et qui se confirme dans le jeu, c’est le mouvement de sa poitrine ! Y’a plus de honte à l’avouer maintenant !! … Taki est celle qui va généraliser le ballottement des seins (et plus tard de tous les muscles) à toutes les femmes de jeux vidéo, comme Mai l'avait fait en 2D quelques années plus tôt. Et quant bien même ces deux femmes ne seraient pas les premières, ce sont elles que l’histoire retiendra !! Dans le même jeu, sa copine Sophitia devait rivaliser avec une mini jupe, qui laissait généreusement apparaître sa petite culotte lors des combats endiablés. Sans aller jusqu'à vouloir satisfaire notre penchant au voyeurisme ou au fantasme (car d’autres éditeurs iront beaucoup plus loin dans ce domaine…), les développeurs de Namco ont simplement renouer le lien qui existait entre les personnages 2D et les joueurs : les filles étaient de nouveau séduisantes ! La différence est flagrande entre les blondes des précédents jeux et Sophitia : Sophitia ne cache en rien sa féminité et ne s’inscrit absolument pas dans le registre des femmes sexy et athlétiques, comme Nina et ses consoeurs, au look de sportives endurcies par un entraînement militaire probablement très dur… Les filles de Soul ont deux impératifs : être capable de trucider n’importe quel adversaire et séduire autant que possible le joueur ! Un deuxième point qu’il était temps de rappeler aux anciennes de la 3D !! En ce sens, la modélisation des corps et des visages, dans toute la saga Soul Edge, est une réussite, et le travail réalisé sur les expressions et les poses des personnages est très convaincant.

     Leur système de jeu si bon soit-il, sans personnage attachant pour ravir le cœur des joueurs, il est très difficile aux nouveaux jeux de combats de se faire une place (Star Gladiator, Ehrgeiz, Evil Zone…) et pour les vieux de ne pas perdre leurs fans (Toshinden, Bloody Roar, Virtua Fighter…). L’attachement à un personnage est une marque de fidélité des joueurs à une série, et tous les développeurs (ou presque) l’ont compris. Comment ne pas citer la licence des Dead or Alive qui subsiste uniquement par ses personnages, et en aucun cas pas par leur système de jeu déplorable quatre fois sur cinq ! C’est probablement comme ça qu’est née la rivalité entre les combattantes… La jalousie légendaire de la femme devait bien elle aussi s’immiscer dans le jeu de baston !

 

 

Taki : précurseur des combattantes de l’ombre

     Nombreuses furent les prétendantes à détronner ma ninja, mais aucune ne put rivaliser bien longtemps ! Combien de fois, depuis l’apparition de Taki, n’a-t-on pas lu dans les tests de jeux vidéo, des expressions comme « …à l’instar de Taki dans Soul Calibur… » ? Taki n’a certes pas inventé le style « kunoichi », mais elle a fait naître la passion du public pour ces femmes.

     Après Soul Blade, il y eut un Tobal 2, Tekken 3, Toshinden 3 puis 4, Dead or Alive, Ehrgeiz, Bloody Roar, Evil Zone... jusqu'au moment où les consoles 32bits furent définitivement remplacées par la nouvelle génération, et Soul Blade par Soul Calibur.

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